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Le blog d'Egalité & Réconciliation Loire-Atlantique [44]

11 avril 2009

La mondialisation économique : mythes et réalités, par Patrice Collas

eco_0905_mondialisation2Nous offrons ici une tribune à un nouveau venu dans le giron d'E&R Loire-Atlantique, Patrice Collas, docteur en sciences politiques et ancien professeur en sciences économiques et sociales.


Sur les médias de masse est déversée quotidiennement une foule d’ « informations » qui contiennent sans doute beaucoup de contrevérités et d’inepties. Ce n’est pas tellement cela qui m’interpelle. Ce phénomène s’explique facilement. Ce qui m’étonne le plus, c’est le fait que les personnes, qui,  par leur formation universitaire, leur expérience professionnelle ou autres, sont censées savoir et connaître la vérité, ne réagissent pas ou si peu. Cela concerne notamment les réalités économiques et commerciales mondiales.

Dans un passé récent, j’ai assuré un cours à l’Université permanente de Nantes portant sur la guerre commerciale mondiale. Et j’aimerais mettre à profit mes connaissances sur la question pour rectifier quelques-unes des affirmations contenues dans le discours ambiant.


Le Produit Intérieur Brut par habitant : deux modes de calcul

Il n’est pas rare d’entendre à la radio ou à la télévision que, dans tel ou tel pays du tiers-monde, on ne dispose pour vivre par jour et par personne, que de, en moyenne, moins de deux Euros, voire moins d'un Euro. De telles affirmations sont peu vraisemblables. En effet, s’il en était ainsi, les habitants du pays considéré seraient tous morts de faim et depuis très longtemps. Or, non seulement ils ne disparaissent pas mais leur nombre augmente. Il y a donc un hic quelque part.

Dans les statistiques internationales, lorsque la question du Produit Intérieur Brut (PIB) par personne et par an, dans les différents pays, est traitée, deux nombres distincts sont fournis, correspondant à deux modes de calcul différents.
Le premier nombre nous donne le PIB, compte tenu du taux de change de la monnaie nationale du pays considéré sur le marché mondial des monnaies. Ainsi, à propos par exemple de la  Chine, il s’agit du taux de change du Yuan face au Dollar, à l’Euro, au Yen, etc.

Le deuxième nombre nous fournit le PIB, compte tenu du pouvoir d’achat effectif de la monnaie nationale sur place, dans le pays concerné et pour ceux qui y résident. Ainsi, par exemple, le pouvoir d’achat du Yuan à Canton.

L’écart entre les deux nombres peut être considérable. Il peut aller aisément du simple au double. Le second mode de calcul est évidemment plus réaliste que le premier. Il traduit plus fidèlement les réalités quotidiennes pour les habitants du pays. Avec lui, l’écart entre le PIB des pays dits « riches » et celui des pays dits « pauvres » est beaucoup plus réduit.

Les différences entre les deux mesures s’expliquent par le fait que les prix des marchandises peuvent varier considérablement lorsque l’on passe d’un pays à l’autre, notamment d’un pays développé dit « du Nord » à un pays en développement dit « du Sud ».

Chez nous, en Europe de l’Ouest, les prix des produits manufacturés et des aliments sont relativement bas parce que les gains de productivité ont été massifs dans le secteur de l’industrie et de l’agriculture. En revanche les prix des services, qu’il s’agisse de services à la personne (comme une coupe de cheveux ou un déplacement en taxi) ou de services « administratifs, gestionnaires, intellectuels,  etc. » (comme une consultation médicale), sont relativement élevés parce que là la hausse des charges l’a emporté sur les éventuels gains de productivité au reste limités.

Il en résulte que, au fil du temps, tout un ensemble d’activités professionnelles sont appelées à disparaître parce que les rémunérations exigées par ceux qui s’y livrent deviennent exorbitantes aux yeux des consommateurs, usagers et clients. Par exemple, si la fermeture éclair de votre veste polaire refuse de fonctionner correctement, ne songez pas à la faire remplacer en vous adressant à la section retouche du pressing de votre quartier, car cela vous reviendra finalement beaucoup plus cher que l’achat d’une polaire entièrement neuve. Dans les années cinquante, un couple d’instituteurs pouvait sans problème faire appel aux services d’une femme de ménage. Aujourd’hui, il ne faut pas y songer; surtout s’il s’agit d’un couple en début de carrière et résidant dans la région parisienne.


Ceux qui produisent et qui accaparent les richesses

Autre affirmation fréquemment entendue et prononcée sur le ton de l’indignation. Par exemple: « les pays du Nord, qui ne réunissent que 20% de la population mondiale, accaparent 80% des richesses, c’est "dégueulasse", il faut que cela cesse ».

Ici on raisonne comme si les richesses tombaient du ciel, qu’elles étaient étalées sur la table et qu’il ne restait plus qu’à se les partager. En réalité, si les habitants du Nord consomment beaucoup de richesses, ils n’en créent pas  moins et en grande quantité. En effet, si, dans tel ou tel pays d’Afrique la population ne mange pas à sa faim, ce n’est pas parce que des gens venus du Nord auraient mis la main sur ses denrées agricoles. Aujourd’hui, le continent africain importe au moins 20% de sa nourriture, laquelle vient d’Amérique du Nord, d’Europe de l’Ouest, d’Australie, de Nouvelle-Zélande, etc..

Cela s’explique à nouveau par la grande productivité du travail au Nord. Ainsi l’agriculteur états-unien produit par son travail de quoi nourrir 82 personnes. Si bien que les Etats-Unis d’Amérique, avec une population active qui comporte moins de 2% d’agriculteurs, sont la première puissance agricole du monde. Ils sont en tête de la production comme de l’exportation. Au Mozambique ou en Ethiopie, c’est l’inverse, le paysan peine à nourrir sa seule famille. Paradoxalement, dans un pays, plus les agriculteurs sont relativement nombreux dans la population active et moins ils sont capables de nourrir ses habitants. 

On est loin de l’époque coloniale, lorsque les gens du Nord se précipitaient dans leurs colonies respectives pour s’approprier les denrées agricoles, les matières premières ainsi que la main d‘œuvre. Aujourd’hui, le problème auquel sont confrontés beaucoup de pays du Sud est simple: on n’a plus réellement besoin de leurs produits et ils éprouvent toutes les peines du monde à s’insérer dans le marché mondial. Dans cette perspective, les ONG humanitaires sont souvent placées dans des situations cornéliennes. Lorsqu’elles interviennent dans les pays pauvres, elles hésitent à présent à procéder à leurs traditionnelles distributions gratuites de vivres, vêtements, médicaments, livres, etc., car ce faisant, elles risquent de ruiner les agriculteurs, artisans et commerçants locaux, en les exposant à une concurrence déloyale. Et lorsque les firmes multinationales procèdent à des délocalisations, ce n’est pas prioritairement en Afrique qu’elles vont installer leurs filiales. Les multinationales du Nord investissent d’abord dans des pays du Nord. Il n'est même pas rare que des conglomérats sud-coréens ou indiens installent leurs filiales en Lorraine, en Ecosse ou en Galice.

Il devient de plus en plus difficile dans ces conditions d’expliquer la misère relative régnant dans le Sud, en employant la  théorie marxiste classique du pillage et de l’exploitation, qu’il s’agisse de l’exploitation de la force de travail, ou celle des richesses minières, énergétiques ou autres.
D’ailleurs, même chez nous, le slogan : « Il faut interdire aux firmes qui font du profit de licencier leur personnel », ce slogan a quelque chose de paradoxal. En effet, si les entreprises s’enrichissaient effectivement sur le dos de leurs ouvriers et employés, on ne voit pas très bien ce qui pourrait bien les inciter à les licencier? 

Les réalités économiques et commerciales mondiales actuelles se caractérisent par bien d’autres paradoxes.


Le mythe de la division matérielle internationale du travail

Il y a plus de deux siècles, l’économiste anglais David Ricardo avait formulé la théorie de la division technique internationale du travail. Selon lui, les différents pays étaient appelés à se spécialiser dans les secteurs et les branches dans lesquels ils étaient le mieux dotés en facteurs de production. Ainsi, le soleil du Portugal devait inciter les Portugais à se spécialiser dans la production du vin. Les performances de l’industrie textile de la Grande-Bretagne et la qualité de la laine de ses moutons devaient amener les britanniques à se spécialiser dans la production de tissus. Ensuite, les uns et les autres devaient échanger réciproquement leurs produits respectifs.

Aujourd’hui, ce n’est pas du tout comme cela que les choses se présentent sur le marché mondial. En fait, l’essentiel du commerce international se déroule entre des pays qui produisent en gros la même chose. Et il s’agit majoritairement des pays les plus performants. Car les nations les plus performantes économique- ment, le sont souvent dans la plupart des secteurs: l’agriculture, l’industrie, les services de toute nature, les technologies de pointe, etc.. C’est le cas déjà pour les Etats-Unis, l’Union européenne, et prochainement, la Russie et la Chine.

Curieusement, les Américains, qui détiennent la première industrie automobile du monde, importent néanmoins une partie de leurs voitures du Japon. Et les Français réputés pour leurs vins et champagnes font venir du raisin d’Afrique du Sud, etc. Les exemples de ce genre pourraient être multipliés à l’infini.


La régionalisation du commerce prend le pas sur sa mondialisation

Personne ne doute plus aujourd’hui que nous soyons en présence d’un commerce mondialisé, vu qu’on ne cesse de nous le dire. Et pourtant les statistiques sur le commerce international tiennent un langage sensiblement différent. Depuis 1945, la part des relations intercontinentales (entre l’Europe de l’Ouest et l’Afrique, entre l’Amérique du Nord et le Sud-Est asiatique, entre l’Amérique Latine et l’Europe de l’Ouest, etc.) dans le commerce mondiale tend plutôt à diminuer au profit de la part des relations infra-régionales (entre les nations d’un même continent ou subcontinent). Cela s’explique de bien des manières.  Il y a un siècle, la plupart des nations d’Europe de l’Ouest possédaient chacune un Empire colonial composé de possessions dispersées aux quatre coins du monde. Le commerce extérieur de chacune d’elles était donc tout naturellement mondialisé (au sens géographique du terme). Depuis, ces empires ont tous éclaté et l’Union européenne a été créé. Si bien que les différentes nations européennes échangent plus avec leurs voisins immédiats ou presque, et moins avec des pays lointains.   

Une démonstration comparable peut être faite à propos de l’Amérique latine avec le MERCOSUR, de l ‘Amérique du Nord avec l’ALENA, et du Sud-Est asiatique avec l’ANSEA.
Et ce que l’on appelle « le commerce lointain ou de longues distances» est plutôt l’affaire des pays pauvres, ceux qui exportent des matières premières ou de l’énergie.


Les pays qui n'en finissent pas d'émerger

Méfiez-vous de tout ce qui est dit à longueur de journée sur les grands pays émergents, tels que le Brésil, l’Inde, le Nigeria, etc. qui seraient appelés à rafler la mise à brève échéance. Il y a plus de quarante ans, on entendait déjà ce genre de discours à propos aussi du Kenya, de l‘Algérie, du Mexique, etc... Or, pour nous limiter à l’Inde, la part de ce pays dans le commerce international reste très modeste et sans commune mesure avec sa part dans la population. En effet, elle ne va guère au-delà de 1%. Si bien que la disparition complète de l’Inde et des Indiens aujourd’hui affecterait peu la consommation du Français, car dans ce qu’il consomme, la part des marchandises venues d’Inde reste insignifiante. Devinez  quel est aujourd’hui le troisième pays exportateur de produits agricoles. Ce n’est pas la Chine, ni le Brésil, ni l’Inde, ni, ni, ni. Ce sont les Pays-bas! avec 17 millions d’habitants seulement.

Les choses vont bien moins vite qu’on ne l’imagine souvent. Conclusion: nous sommes encore loin du « village planétaire » et de l‘interdépendance généralisée.

Patrice COLLAS



11 janvier 2008

[COMMUNIQUÉ DE PRESSE] Alain Soral à Nantes le 20 janvier 2008

logo_petitÉGALITÉ & RÉCONCILIATION
Section Grand Ouest
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:::::::::: COMMUNIQUÉ DE PRESSE ::::::::::

L'écrivain et homme politique Alain Soral, président du mouvement Égalité & Réconciliation, donnera une conférence à Nantes le 20 janvier 2008 sur le thème "Face à la coalition bobo-libérale, union sacrée de la gauche sociale et de la droite des valeurs".

Né le 2 octobre 1958, Alain Soral se présente comme un républicain universaliste ayant appartenu au mouvement marxiste et, au début des années 1990, au Parti communiste français, qu'il quitte par opposition à l'abandon de son contenu révolutionnaire. Il a notamment analysé dans plusieurs ouvrages [Vers la féminisation, Jusqu'où va-t-on descendre, Misères du désir...] le communautarisme, et les mécanismes de ce qu'il appelle la "société du désir", promue par l'omniprésence de la publicité, les journaux féminins et le phénomène de "starisation".

Il rejoint en 2005 l'équipe de campagne de Jean-Marie Le Pen pour les dernières élections présidentielles, considérant la Nation française comme garante de la justice sociale et des valeurs morales qu'il a toujours défendues, mises à mal par un libéralisme mondialisé véhiculé autant par le PS que l'UMP et leurs satellites.

Nommé sans candidature au comité central du Front National en novembre 2007, il s'attache aujourd'hui, au sein de son mouvement indépendant Égalité & Réconciliation, à réunir Français de souche et Français d'origine immigrée de même que militants identitaires et républicains autour de la bannière tricolore, sur le principe de l'alliance idéologique entre gauche sociale [justice, progrès, défense des travailleurs et des PME] et droite des valeurs [respect de la hiérarchie, sens de l’honneur et de la fidélité, conscience du devoir]. La conférence du 20 janvier sera l'occasion de développer ces sujets et de rencontrer les personnes intéressées.


CONFÉRENCE D'ALAIN SORAL :: Dimanche 20 janvier 2008
Médiathèque Jacques Demy à 15h
24 quai de la Fosse à Nantes

Accès rapide depuis la gare SNCF Nord par le tramway ligne 1, direction F. Mitterrand, arrêt "Médiathèque"

Organisée par le Front National de Loire-Atlantique dans le cadre de l'union des nationaux
Entrée 5 euros, réservation souhaitée auprès de Marguerite Lussaud au :
02 40 39 33 67
Conférence suivie d'une galette des rois et dégustation de cidre

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